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Recul spectaculaire des opérations de l'appendicite en France

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Recul spectaculaire des opérations de l'appendicite en France

Message par Dolu le Ven 21 Fév - 11:19

Recul spectaculaire des opérations de l'appendicite en France

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Le nombre d'appendicectomies a été divisé par quatre en 30 ans grâce aux progrès de l'imagerie médicale et de la biologie, mais les débats sur la nécessité d'opérer restent vifs.

Une pointe douloureuse dans le côté droit de l'abdomen et le soupçon naît instantanément: serait-ce l'appendicite? Cette pathologie est en effet fréquente: elle touche une personne sur quinze, principalement entre 10 et 30 ans. Si les progrès médicaux ont permis de diviser par près de quatre le nombre d'interventions chirurgicales au cours des trente dernières années, comme en témoigne un rapport de la Drees (direction des statistiques du ministère de la Santé) publié début février, le débat sur l'amélioration des pratiques médicales reste ouvert.

Grâce aux progrès de l'imagerie médicale (scanner, échographie) et des analyses biologiques qui ont permis d'affiner le diagnostic, la chute des interventions chirurgicales ces dernières années est spectaculaire, révèle l'étude. Entre 1986 et 2012, le recul a été constant, passant d'un total de 300 000 opérations annuelles en 1986 à 83 400 en 2012, soit un recul de 8 % chaque année. Cette décrue rapide a permis à la France, qui a toujours davantage opéré les appendicites que les autres pays, de se rapprocher de la norme. En 2009, le nombre d'opérations était 1,4 fois celui des États-Unis et 1,7 fois celui du Royaume-Uni (contre respectivement 2,5 et 3,7 fois en 1993).

Recommandations

L'étude révèle, en outre, une évolution à deux vitesses, selon la nature de l'appendicite présentée par le patient. L'appendicite sans complications, dite «simple», constitue la catégorie d'interventions en fort recul, notamment chez les enfants, alors que les formes graves, incluant la péritonite, qui concernent plus fréquemment les âges extrêmes de la vie, restent stables.

Malgré les progrès constatés, les débats restent vifs entre spécialistes concernant les moyens de réduire encore les interventions inutiles, sans entraîner de prise de risque supplémentaire pour les patients. Une séance de l'Académie de chirurgie sur le sujet en mai 2012 a ouvert un tel débat qu'une période de réflexion de deux ans s'en est suivie pour mettre au point des recommandations officielles à la profession, qui seront présentées le 9 avril.

Selon le Dr Philippe Montupet, qui préside le groupe de travail dédié à ce projet, il sera d'abord rappelé qu'en cas de doute sur le diagnostic le chirurgien ne se verra jamais reprocher d'avoir retiré l'appendice d'un patient. «Il vaut toujours mieux éviter les atermoiements qui peuvent apporter des complications», explique-t-il auFigaro. De même, si les avantages de la cœlioscopie, qui consiste à opérer à travers une toute petite incision, sont reconnus - elle limite notamment certaines complications postopératoires -, cette méthode, qui requiert une formation chirurgicale particulière, ne s'impose aucunement. Plus généralement, toute forme «compliquée» nécessite une opération immédiate.

Et les antibiotiques ?

Cela pose la question du diagnostic, qui doit rester le domaine du chirurgien, affirme le Dr Montupet. «Il ne faut pas banaliser les risques de l'appendicite. On voit de plus en plus de cas compliqués nous arriver à l'hôpital parce que le diagnostic a été retardé», déplore-t-il. La mortalité liée à l'appendicite reste faible et stable, mais elle est réelle, aux alentours de 0,02 %.

Reste l'épineuse question de l'intérêt thérapeutique des antibiotiques, qui ont fait l'objet d'études pour déterminer s'ils peuvent, dans certains cas, éviter simplement l'intervention. Il est devenu courant en France de prescrire des antibiotiques lors d'appendicites simples pour retarder l'opération de quelques heures. Mais l'hypothèse étudiée par le Pr Corinne Vons, chef de service de chirurgie gastrique au CHU Jean-Verdier à Bondy (Seine-Saint-Denis), consiste à mettre les patients sous antibiothérapie sur une période restant à déterminer, pour éliminer l'infection.

De premiers travaux publiés en 2011 dans la prestigieuse revue scientifique The Lancetont lancé en France un débat passionné sur le sujet. «Lorsque j'ai commencé ces travaux, ils ont engendré une vraie peur, rapporte le Pr Vons. Mais aujourd'hui, les mentalités ont évolué. Ce n'est plus considéré comme une folie.» Cette piste reste toutefois encore au stade expérimental et n'est pas mentionnée comme une option de traitement dans les dernières recommandations de la Haute Autorité de santé datant de 2012.


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