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L'âge des pères aussi influe sur la santé des bébés

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L'âge des pères aussi influe sur la santé des bébés

Message par Dolu le Lun 3 Mar - 17:04

L'âge des pères aussi influe sur la santé des bébés

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Comme les femmes, les hommes doivent faire attention à leur horloge biologique : lorsqu'ils deviennent pères après 45 ans, leurs enfants courent plus de risque de souffrir de troubles bipolaires, d'autisme ou d'hyperactivité.

L'impératif de ne pas attendre la quarantaine pour devenir mère est un discours désormais bien connu des femmes. Il est moins fréquent en revanche de voir ce principe d'horloge biologique appliqué aux hommes. Contrairement aux femmes, les hommes perdent peu en fertilité avec l'âge. En revanche, passés 45 ans, ils engendreraient des enfants avec davantage de maladies mentales, de malformations et de tumeurs, confirment deux études de grande ampleur parues ce mois-ci.

La première, diffusée dans la revue Jama Psychiatry, se base sur l'analyse des dossiers médicaux de 2,6 millions de Suédois nés entre 1973 et 2001. L'ampleur de cette cohorte renforce la valeur statistique des résultats, frappants. Lorsque le père est âgé de plus de 45 ans, le risque d'avoir un enfant souffrant d'autisme est multiplié par 3,5, quel que soit l'âge de la mère. Il est multiplié par 13 pour l'hyperactivité et par 24 pour les troubles bipolaires. En outre, ce risque grimpe de façon continue à mesure que l'homme vieillit.

Tout cela est bien sûr à remettre en perspective avec la fréquence moyenne de ces maladies dans la population (1 enfant sur 200 pour l'autisme, 1 adulte sur 100 pour les troubles bipolaires). Néanmoins, ce travail de l'université d'Indiana (États-Unis) vient confirmer un mécanisme déjà mis en avant sur l'autisme en 2012. Cette maladie serait, au moins partiellement, d'origine génétique. Les scientifiques ont repéré chez des enfants autistes des petites mutations «de novo», c'est-à-dire apparues au moment de la conception, mais dont les parents eux-mêmes ne sont pas porteurs. Or, les hommes transmettent quatre fois plus ces mutations spontanées à leurs enfants que les femmes. En outre, leur fréquence s'accroît avec l'âge du père.

Mortalité infantile

«Lorsque les hommes vieillissent, la qualité des spermatozoïdes se dégrade, confirme le Pr Louis Bujan, chef du pôle Femme Mère Couple au CHU de Toulouse. Aux alentours de 55-60 ans, il existe un risque possible d'altération du contenu chromosomique et génétique des gamètes.» En cause, le mode de production des gamètes mâles. Les spermatozoïdes sont générés en continu par des cellules souches, dont les nombreuses divisions entraînent à terme des erreurs de réplication de l'ADN. Cette baisse de qualité des spermatozoïdes a aussi des conséquences sur la fertilité, puisque le nombre de fausses couches augmente avec l'âge du père.

La seconde étude, publiée par une équipe danoise dans la revue Human Reproduction, associe l'âge du père avec un léger surrisque (+ 10 à 16 %) de mortalité infantile entre 1 et 5 ans, en raison principalement de malformations congénitales ou de cancers. Compte tenu du nombre, heureusement rare, de décès d'enfants dans un pays industrialisé comme le Danemark, cette augmentation de la mortalité correspond à «un décès supplémentaire pour 2 285 pères âgés de plus de 45 ans», expliquent les chercheurs de l'université de Copenhague.

«Se poser la question de l'âge du père est important car de plus en plus de couples repoussent l'âge d'avoir un enfant. Or cela peut avoir des répercussions non négligeables», explique auFigaro Brian D'Onofrio, chercheur à l'université d'Indiana, auteur de l'étude sur les troubles psychiatriques.

En France, la seule limite d'âge appliquée aux hommes concerne les donneurs de sperme, qui ne doivent pas avoir plus de 45 ans. Et si la Sécurité sociale ne prend plus en charge l'aide médicale à la procréation (PMA) chez les femmes de plus de 42 ans, les hommes, eux, ne se voient pas appliquer de restriction particulière. Néanmoins, les centres de PMA restent libres de fixer des limites, «et la plupart le font, vers 60 ans, rapporte le Pr Bujan. Au-delà des risques biologiques de plus en plus documentés, il existe également une dimension sociale et psychologique à prendre en compte. Est-il bon pour un enfant de 15 ans d'avoir un père de 75 ans? C'est un dilemme éthique auquel nous sommes régulièrement confrontés mais qui n'a pas encore été traité par l'Agence de la biomédecine».


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