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Ces douleurs qui vous hantent longtemps après une opération

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Ces douleurs qui vous hantent longtemps après une opération

Message par Dolu le Dim 16 Mar - 11:57

Ces douleurs qui vous hantent longtemps après une opération

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Après une intervention chirurgicale, il faut se préoccuper rapidement des douleurs qui résistent à la prise d'antalgiques classiques.

Elles se manifestent par des fourmillements incessants, une sensation de brûlure, des décharges électriques ou des «coups de poignard». Souvent diagnostiquées tardivement, très difficiles à soulager, les douleurs neuropathiques consécutives à une intervention chirurgicale hantent le quotidien de milliers de Français durant des mois, parfois des années. «En raison d'une montée en puissance de l'activité chirurgicale, ces souffrances très invalidantes touchent un nombre croissant de patients, au point de constituer la deuxième cause de consultation dans les centres de la douleur», s'alarme le Pr Hélène Beloeil, de la Société française d'anesthésie et de réanimation.

Ces séquelles sont susceptibles de surgir après tout type de chirurgie, vitale ou fonctionnelle, quelle que soit la taille de l'incision et indépendamment du succès de l'opération. En Norvège, une enquête épidémiologique a évalué à 18 % la proportion de patients con­servant des douleurs modérées à sévères après une intervention.

Des douleurs parfois insupportables

La France n'a pas de données similaires, mais une étude publiée en janvier (The Journal of Pain) donne une idée plus précise du phénomène. Son auteur, Christian Dualé, anesthésiste à Clermont-Ferrand, s'est focalisé sur certaines chirurgies à risque. Il observe que 25 % des femmes opérées d'un cancer du sein souffrent encore, six mois après, de douleurs neuropathiques. Ce taux avoisine les 20 % après une thoracotomie, pour un cancer du poumon par exemple. Des interventions banales révèlent également des taux non négligeables de douleurs persistantes. Il en est ainsi de la césarienne (12 % de douleurs à six mois), de l'ablation des varices (12 %) ou encore de l'arthroscopie du genou (11 %).

Dues à une lésion des nerfs, les douleurs neuropathiques ne se manifestent pas seulement aux contours de la cicatrice, mais sur tout le territoire cutané du nerf touché. Elles disparaissent spontanément après quelques mois mais peuvent dans certains cas persister pendant des années. Plus ou moins intenses, elles peuvent atteindre des niveaux insupportables. Le Pr Eric Serra, psychiatre responsable du centre de la douleur d'Amiens, relate ainsi l'histoire d'une patiente qui, après une mastectomie réussie, ne supportait plus le contact d'un vêtement ou même le souffle du vent sur sa peau. «Elle avait si mal qu'elle regrettait parfois de vivre», raconte-il.

Depuis son opération pour des lumbagos à répétition, Martine Chauvin subit, elle, un assaut de «décharges électriques» et «de crampes» le long de la jambe. Cela fait maintenant douze ans que ces douleurs la tenaillent. Elle ne peut plus travailler, se déplace en fauteuil roulant et passe la majeure partie du temps allongée dans son lit, la seule position confortable. Aucun traitement ne l'a jamais vraiment soulagée. «Une souffrance ininterrompue, prise en charge de façon inadéquate, peut conduire à des dépressions, des ruptures familiales et des situations d'isolement social», précise cette mère de famille, qui a fondé l'AFVD (Association francophone vaincre les douleurs).

Eviter l'errance médicale

«Ces douleurs obéissent à un mécanisme physiopathologique très particulier, souligne le Pr Didier Bouhassira, neurologue à l'hôpital Ambroise Paré et chercheur Inserm. Elles ne répondent donc pas aux antalgiques classiques que sont les anti-inflammatoires, le paracétamol et même la morphine.» Les antidépresseurs et les antiépileptiques ont certes un effet, mais il est limité. Selon le Pr Bouhassira, seuls 30 à 40 % des patients sont soulagés de façon satisfaisante. D'autres techniques - relaxation, acupuncture, kinésithérapie, stimulations électriques ou magnétiques - peuvent toutefois améliorer la qualité de vie.

Le Dr Valeria Martinez, médecin anesthésiste spécialiste de la douleur à l'hôpital de Garches, insiste donc sur l'importance de la prévention et de l'information des patients avant une intervention. «Ils connaissent souvent très mal ce risque, dit-elle. Or cette pathologie doit être soignée dès qu'elle se manifeste et non après une longue errance médicale.»

L'anesthésiste prône aussi une meilleure identification des patients vulnérables (en cas d'anxiété ou de douleurs préexistantes à l'intervention), avec un suivi post-opératoire renforcé. Le développement de certaines techniques d'anesthésie et de chirurgies moins invasives est également susceptible de réduire le risque. Enfin, selon le Dr Martinez, le taux de douleurs varie du simple au double en fonction de l'expérience de l'équipe chirurgicale.

Une piste pour soulager les personnes amputées qui continuent de souffrir

La réalité augmentée, qui consiste à intégrer des objets virtuels dans une séquence d'images réelles, pourrait être utilisée avec profit dans la prise en charge des douleurs fantômes. Ce syndrome, qui affecte 70 % des amputés et résiste aux traitements dans de nombreux cas, regroupe les sensations pénibles ou douloureuses ressenties au niveau d'un membre manquant. Des chercheurs de la Chalmers University of Technology (Suède) viennent de mener une expérience prometteuse auprès d'un patient qui a perdu son avant-bras droit il y a 48 ans et souffre depuis lors sans pouvoir être soulagé. Placé face à un écran, le septuagénaire a pu découvrir les mouvements de son membre virtuel grâce à des électrodes placés sur son moignon afin de capter les mouvements de ses muscles. La répétition de cet exercice a entraîné une diminution des douleurs, si bien que les chercheurs recommandent de poursuivre l'expérience avec d'autres patients.


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