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Les Îles Féroé : un jardin en Atlantique

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Les Îles Féroé : un jardin en Atlantique

Message par Dolu le Lun 7 Avr - 13:34

Les Îles Féroé : un jardin en Atlantique

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Au cœur de l'Océan, des paysages fantastiques surgis des millénaires, une faune et une flore intactes. Bienvenue dans l'un des derniers paradis naturels, au nord de l'Ecosse.

Choisir les îles Féroé pour destination, c'est à coup sûr décider de revisiter ses fondamentaux touristiques. C'est se prêter à une forme d'ascèse qui privilégie l'essentiel et remise sur l'étagère du superflu la panoplie traditionnelle du vacancier. Ici, on peut débarquer sans que l'oubli dans ses bagages des lunettes de soleil, de la crème protectrice écran total, des tablettes anti-moustiques, de la tenue de soirée, voire même du maillot de bain ne vienne gâcher votre séjour. En revanche, pas question de faire l'impasse sur la paire de jumelles, le sac à dos, de bonnes chaussures de marche, un chandail et une tenue imperméable. Bref, voilà un pays qui, à l'image de ses impressionnantes falaises, joue plus la­ ­verticalité - le crapahuteur - que l'horizontalité - le plagiste.

Les Féroé, ce sont 18 cailloux jetés à la ­volée dans l'Atlantique Nord, entre Norvège et Islande. Les sagas scandinaves ­racontent que ce joyeux désordre est l'œuvre d'Odin, dieu créateur du monde. Porte d'entrée de ce bout du monde, l'aéroport de l'île de Vágar. Pour vous souhaiter la bienvenue sur l'archipel, vous ne pourrez jamais compter sur plus de 50 000 habitants (les Féringiens), mais tout de même plus de 80 000 moutons (tous en liberté), et surtout quelque 4 millions d'oiseaux de plus de 300 espèces différentes (dont l'huîtrier-pie, emblème du pays) !

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Au bord des fjords, les petits villages de pêcheurs se blotissent au pied d'impressionnantes falaises, où la neige peut faire son apparition au moindre caprice de la météo

Bienvenue, donc, dans cette province autonome dépendante du Danemark, mais qui n'appartient pas à l'Europe et possède son propre drapeau, son hymne «national», sa compagnie aérienne et même sa monnaie, la couronne féringienne, dont le taux est aligné sur celui de sa cousine danoise. Car ici, on est avant tout féringien, comme en atteste la langue dont la forme est la plus proche, avec l'islandais, de celle qu'utilisaient les Vikings venus de (ou fuyant) la Norvège.

L'aéroport est à une cinquantaine de ­kilomètres de la capitale, Torshavn. Il y a ­encore peu, les automobilistes devaient emprunter un ferry pour rallier l'île de Streymoy. Aujourd'hui, on s'y rend grâce à un tunnel de plusieurs kilomètres. Moins poétique, mais beaucoup plus rapide.

A la sortie, privilégier l'itinéraire qui passe par la montagne car les paysages sont à couper le souffle et donnent un bon aperçu de ce que vous réserve votre séjour. Toute la beauté des îles tient en une interminable succession de tableaux aussi ­incroyables les uns que les autres. Un monde minéral où se succèdent montagnes pyramidales imposantes, cirques glaciaires, fjords découpés, prairies boréales, falaises monumentales, le tout parsemé de petits villages aux maisons au toit d'herbe avec leurs séchoirs à poisson (toujours la première richesse du pays), ou à viande de mouton. Autant de toiles de maîtres mises en valeur par les lumières nordiques ­irréelles qui jouent avec les nuages. Même la pluie participe ici à l'œuvre, tant elle s'intègre au décor. Oui, il pleut près de 300 jours par an aux îles Féroé! Mais chacune de ces 300 journées est aussi visitée par le soleil. Aucun pays ne peut mieux ­revendiquer les fameuses «quatre saisons en une journée». Qui dit que, même en mai ou en juin, le Svartbakstindur (801 m) ne va pas se blanchir de neige? Ou qu'un anticyclone ne va pas s'inviter pour une quinzaine de jours sans un seul nuage, thermomètre bloqué à 25 °C ?

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Sur l'île de Végar, la montagne et une cascade se mirent dans les eaux d'un lac. L'une des mille merveilles sur le chemin des randonneurs

A deux pas de Torshavn, Kirkjubour, décor de carte postale pour site incontournable. C'est ici que prirent pied les premiers habitants, au IVe siècle. Des Celtes, suivis par des moines venus d'Ecosse avant que les Vikings norvégiens ne mettent la main sur les îles. Plus que les ruines de la cathédrale Saint-Magnus (XIVe siècle), d'ailleurs jamais terminée, c'est le lieu tout entier, bucolique à souhait, qui attire l'œil avec les petites maisons, au toit en herbe et aux murs de bois noir, éparpillées dans la verdure où déambulent des moutons.

La légende du géantet de la sorcière

Avant de gagner le nord de l'île de Streymoy, un petit détour par celle de Vágar. Tout au bout de la route en cul-de-sac, après l'aéroport, se niche le hameau de ­Gásadalur (une cinquantaine d'âmes), toile de fond d'une impressionnante chute, où les eaux s'élancent dans le vide et vont se fracasser sur la roche basaltique dans un halo de gouttelettes, plusieurs dizaines de mètres plus bas. En face, c'est Mykines, l'île sanctuaire des oiseaux que l'on rejoint au départ de Sorvágur. Une excursion d'une journée que les ornithologues en herbe et les plus passionnés n'hésitent pas à faire jusqu'à trois fois de suite!

Retour sur Streymoy pour une incursion dans les terres vers Saksun. Au cœur d'un vallon, surplombant le fjord, se blottit une adorable petite église en bois isolée de toute habitation. Etrange destinée: autrefois, elle trônait au cœur du village de Tjornuvik, où on l'a démontée avant de la transporter en pièces détachées à travers la montagne pour l'installer ici. C'est du village de Tjornuvik (5 km de Saksun à vol de macareux, 7 km par le chemin de randonnée de montagne et… 27 km par la route), qui possède une superbe plage de sable noir (on vient même d'Australie pour y surfer!), qu'on a la meilleure vue sur Risin et Kellingin, deux rochers gigantesques l'un massif, l'autre élancé (respectivement 71 et 68 m) qui émergent des eaux à la pointe de l'île d'Eysturoy. Selon la légende, Risin (le géant) et Kellingin (la sorcière) ­devaient attacher ensemble les 18 îles de l'archipel afin de les ramener jusqu'à leur Islande natale. Pour les punir, les dieux, furieux, les ont figés en ces deux impressionnants pitons… tournés vers l'Islande.

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Les villages des Féroé, aux maisons multicolores typiques, comme ici Innan Glyvur, sur l'île d'Eysturoy

Entre Eidi et Gjógv (prononcez Djeukf), toujours sur Eysturoy, la route s'élève dans la montagne Et les panoramas vertigineux se succèdent, comme la trouée sur Funningur et son fjord. Quant à l'ancien petit village de pêcheurs de Gjógv, avec sa cale encastrée dans la falaise, c'est une pure merveille aujourd'hui menacée, hélas, par l'exode rural. Les ravissantes maisonnettes au toit d'herbe deviennent peu à peu des résidences secondaires où l'on vient passer l'été.Heureusement, l'auberge Gjaargardur, relais de tous les randonneurs, a trouvé un second souffle pour faire vivre ce site ancestral (voir carnet de voyage).

Pour s'émerveiller plus encore, on se laisse guider par ces routes qui épousent les contours des fjords et mènent à des «nulle part» aux consonances vikings. ­Elduvik, Oyndarfjordur, Hellurnar,­Fuglafjordur, Kunoy, Muli, Vidareidi… Autant de joyaux au bout de routes qui ne mènent jamais plus loin que là où débute­ ­­le terrain de jeu infini des promeneurs et randonneurs.

Retour vers Torshavn qui, avec ses 20 000 habitants, joue à la grande ville, à la capitale. Outre ses hôtels et restaurants, dont certains plus que remarquables sous ces latitudes, elle ­recèle quelques trésors comme le vieux quartier de Tinganes aux ruelles pavées, qui abrite toujours le Parlement, le fort de Skansin aux dimensions impressionnantes, ou encore le marché aux poissons, ­typique et coloré, mais aux ­horaires ­improbables au dire même des ­locaux(«il a lieu quand les pêcheurs reviennent de la pêche»).

Un parcours en ville jalonné de jolies petites maisons, où les immeubles sont aussi inexistants que les arbres sur l'ensemble de ces îles ventées au sol volcanique. Une ville tout en douceur, paisible. Les croisiéristes, qui font escale en route vers l'Islande, les fjords de Norvège ou le Spitzberg, se font chaque année plus nombreux, tout comme les amoureux de la nature qui savent que ce paradis ne ­restera plus très longtemps à l'écart des grands flux touristiques. Comme leurs ancêtres, les Féringiens, au sens de ­l'accueil légendaire, n'ont pas fini de faire des conquêtes…


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