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Ground Zero ouvre son Musée du 11 Septembre, dans la controverse

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Ground Zero ouvre son Musée du 11 Septembre, dans la controverse

Message par Dolu le Ven 16 Mai - 18:35

Ground Zero ouvre son Musée du 11 Septembre, dans la controverse

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Barack Obama a inauguré jeudi à New York ce lieu de mémoire, que certains estiment pollué par les intérêts financiers et touristiques.

Une nuée de rotors vrombissants, un cortège de sirènes hurlantes, et une massive présence policière: le spectacle attendu jeudi dans Lower Manhattan n'a pas perturbé les New-Yorkais qui, depuis le 11 septembre 2001, en ont vu d'autres. Impossible, pourtant, d'ignorer l'événement: le président Barack Obama, accompagné de sa femme Michelle, est venu inaugurer en grande pompe le «Musée national du 11 Septembre», érigé sur le site même de Ground Zero où se dressaient jadis les deux impressionnantes «Twin Towers» (tours jumelles) du World Trade Center, visées par dix-neuf pirates du ciel au nom d'une idéologie mortifère.

Lors d'un brève allocution, Obama a salué un «lieu sacré de guérison et d'espoir». «Ceux que nous avons perdus vivent en nous», la nation les honorera «maintenant et pour toujours», a déclaré le président, ajoutant: «Rien ne peut nous briser, rien ne peut changer qui nous sommes, les Américains». Plusieurs milliers de familles de victimes, de survivants, de membres des équipes de secours de l'époque, Bill Clinton et son épouse Hillary et des personnalités locales s'étaient réunis. Destiné à ouvrir au grand public le 21 mai, ce lieu de mémoire, qui entraîne le visiteur à 70 pieds sous terre, a connu une gestation mouvementée, ajoutant un nouveau chapitre dans l'interminable saga politico-financière de la reconstruction du World Trade Center (WTC). Mausolée ou attraction touristique?

Le débat, entamé au lendemain des attaques, ne s'est jamais dissipé. La reconstruction du quartier, avec ses sept nouvelles tours, sa gare de transit, son musée et ses fontaines de trente mètres, a déclenché des torrents de controverses, au confluent d'énormes enjeux économiques et mémoriels. Fallait-il incorporer à l'exposition les restes humains des 1115 victimes toujours non identifiées? Fallait-il projeter en boucle les images de l'attentat et restituer les messages téléphoniques bouleversants de ceux qui allaient bientôt mourir? Une boutique de souvenirs avec ses inévitables tee-shirts était-elle appropriée? «Aucun musée semblable, avec des desseins si contradictoires, n'avait jamais été conçu aux États-Unis», relève le New York Times, qui juge in fine l'initiative louable, quoique traumatique pour les visiteurs, qui se devront d'avoir l'estomac bien accroché.

«Ils ont fait de Ground Zero un parc à touristes»

Le vrai scandale, cependant, est ailleurs, comme le révèle un documentaire saisissant, 16 Acres, disponible aux États-Unis sur Netflix. Sept milliards et demi de dollars ont été injectés dans l'érection de la scintillante «Freedom Tower», dont la pointe domine Manhattan de ses 1776 pieds (comme la date de la Révolution américaine, ou 541 mètres), par le Port Authority, organisme privé en charge des transports urbains, mais mué ici en propriétaire sans états d'âme. «Ils ont fait de Ground Zero un parc à touristes, où l'on se photographie devant les fontaines et les noms des victimes gravés dans le marbre, sans même apposer de panneaux incitant au respect et au recueillement, comme c'est le cas au cimetière national d'Arlington», relève Anthony Palmeri, employé municipal qui a passé neuf mois à déblayer les gravats.

Le milliardaire Larry Silverstein, maître d'œuvre des tours 2, 3, 4 et 7 (seules ces deux dernières sont achevées), connaît quant à lui les pires déboires: les deux tiers des 650.000 mètres carrés de bureaux disponibles n'ont toujours pas trouvé preneur, la faute à un marché de l'immobilier anémique et la frilosité d'acteurs de la finance qui hésitent à revenir s'installer sur ce lieu sinistré. Au risque de transformer en coquille vide le nouveau World Trade Center, symbole de la résilience d'une Big Apple à nouveau vibrionnante.

Lassés par cette interminable saga politico-financière, les New-Yorkais ont appris à vivre avec le spectre des Twin Towers, fantômes entêtants dont l'ombre noire, en jureraient certains, se reflète parfois dans les eaux troubles de l'East River.


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