PARTENAIRES


La dépression plus fréquente quatre ans après l'accouchement

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

La dépression plus fréquente quatre ans après l'accouchement

Message par Dolu le Mer 28 Mai - 10:04

La dépression plus fréquente quatre ans après l'accouchement

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]


Une étude recommande de prolonger le suivi psychologique des jeunes mères.

On connaît bien le baby blues, cet état transitoire de tristesse et de fluctuation de l'humeur qui peut survenir dans les jours suivant l'accouchement. Le risque de dépression du post-partum (après la naissance, NDLR) est un peu moins diagnostiqué car il est plus tardif et survient plutôt autour de la dixième semaine qui suit l'accouchement ou vers le neuvième mois. La tristesse est cependant plus profonde et plus tenace.

Une nouvelle étude australienne indique que le risque de présenter des symptômes dépressifs est peut-être plus prolongé qu'on ne le pensait puisqu'il demeure à un niveau élevé… quatre ans après l'accouchement. «Le risque est même supérieur à n'importe quel moment lors des douze premiers mois», affirme le Dr Hannah Woolhouse, psychologue au Murdoch Childrens Research Institute de Victoria (Australie), principal auteur de l'article publié dans le journal international de gynécologie obstétrique (BJOG).

La maternité, un changement délicat

L'étude porte sur la période 2003 à 2005 et a inclus plus de 1 500 femmes qui avaient accouché dans six hôpitaux publics australiens. Chaque femme devait répondre à des questions portant sur sa santé, ses conditions socio-économiques, la survenue éventuelle d'événements importants ainsi que de violences conjugales, qu'elles soient physiques ou morales. Les tests étaient renouvelés à différentes échéances suivant la naissance: trois, six, douze, dix-huit mois et quatre ans. «Cette étude est très intéressante précisément parce qu'elle est longitudinale (prenant un groupe d'individus pour le suivre pendant plusieurs années) et parce qu'elle s'est poursuivie jusqu'à quatre ans», commente le Pr Vigdis Aasheim, de l'University College de Bergen, en Norvège. Prudence toutefois dans l'interprétation des résultats car il ne s'agit pas d'un diagnostic posé par un médecin mais d'un questionnaire «dont la fiabilité n'a d'ailleurs pas été validée pour la mère d'un enfant de 4 ans», glisse le Pr Priscille Gerardin, spécialiste de psychiatrie enfant et adolescent au CHU de Rouen/CH du Rouvray.

«Je ne suis pas surpris par ces résultats et je suis d'accord avec les auteurs qui concluent en appelant à une plus grande attention à la santé maternelle ainsi qu'à une intervention précoce auprès des mères vulnérables ou victimes de violences», précise le Pr Aasheim, qui avait dirigé entre 1999 et 2008 une grande étude portant sur près de 20 000 femmes dont c'était la première grossesse. «Nous avions également observé une augmentation de la détresse psychologique après la naissance et jusqu'à dix-huit mois, ajoute-t-il. Nous nous étions focalisés sur l'âge et avions trouvé un risque accru pour les mères les plus âgées qui avaient déjà eu des dépressions plus jeunes.» Dans tous les cas, être mère pour la première fois est toujours plus délicat. «Il s'agit de l'entrée dans la parentalité, c'est un événement qui bouleverse psychiquement, qui change la place dans la société, remarque le Pr Gerardin. C'est un moment important dans la vie d'un couple.»

Pendant la grossesse aussi

Selon l'étude australienne, près d'une femme sur trois présenterait au moins une fois une dépression au cours des quatre années de l'étude. Et parfois même avant. Le Pr Gerardin regrette que l'étude n'ait pas pris en compte la grossesse elle-même: «C'est vrai que la dépression du post-partum est fréquente, estimée entre 10 % et 15 % lors de la première année, mais elle encore plus fréquente pendant la grossesse, et touche 15 % à 20 % des mères.» Plus généralement, la sensibilisation du public et des professionnels de santé à l'existence de la dépression maternelle ne peut qu'être bénéfique. «Dès la grossesse, on peut évoquer cette éventualité avec les parents et leur expliquer que nombreuses sont les mamans qui y sont confrontées, souligne le Pr Gerardin. Plus une femme qui se sent triste peut en parler tôt à un proche et bénéficier d'une prise en charge adaptée et plus ses chances de ne pas s'enfoncer dans la dépression sont importantes. Ce n'est pas en faisant l'autruche que la dépression va disparaître.»


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
avatar
Dolu

Dingo admin


Dingo admin

Messages : 11716
Age : 39
Localisation : Manche

http://www.jokersdingo.com

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum