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Pourquoi les inégalités salariales entre hommes et femmes se créent dès le premier emploi

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Pourquoi les inégalités salariales entre hommes et femmes se créent dès le premier emploi

Message par Dolu le Sam 5 Juil - 12:04

Pourquoi les inégalités salariales entre hommes et femmes se créent dès le premier emploi

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Les écarts de salaires entre hommes et femmes se créent dès l’embauche


Les enquêtes d’insertion de la Conférence des grandes écoles (CGE) et de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris montrent que les jeunes diplômées gagnent moins que leurs camarades masculins dès le premier emploi.

A peine sorties de l’école, les jeunes diplômées sont-elles déjà désavantagées ? On aimerait, sans une hésitation, répondre que non. Et pourtant les dernières études d’insertion professionnelle, de la Conférence des grandes écoles (CGE) comme de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, témoignent d’une réalité inquiétante. Non seulement les femmes s’inséreraient moins bien sur le marché du travail, mais leurs premiers salaires seraient significativement plus faibles.

«Les femmes restent des variables d’ajustement» regrettait la CGE dans sa dernière enquête, publiée en juin 2014. Un constat sévère, pourtant dans la lignée des chiffres annoncés: un taux d’emploi net inférieur (78,1% contre 82% pour les hommes), une stabilité moindre (58,3% décrochent un CDI, contre 69,3% chez les hommes) et, surtout, un salaire plus faible. A tel point que selon l’association, la moyenne salariale pour une jeune diplômée d’école de management sortant de l’école et travaillant en France se situe à 34.300 euros brut (primes comprises), contre 34.433 (sans prime) pour son homologue masculin. En moyenne, primes comprises, une femme cadre (ingénieur et managers confondus) gagnera 35.308 euros contre 37.430 euros pour son homologue masculin.

Des écarts que l’on retrouve également à Sciences-Po Paris qui, dans sa dernière enquête, témoignait d’un différentiel de salaire brut annuel moyen de l’ordre de 16% ; soit des salaires de 40.600 euros pour les femmes contre 48.100 euros pour les hommes.

L’influence des présupposés dans l’esprit des recruteurs et des recrutées

Il y a d’abord ces facteurs silencieux qui relèvent des présupposés. «L’entreprise a tendance à anticiper le comportement des femmes» analyse l’économiste Rachel Silvera.«Ils imaginent que les femmes seront moins mobiles, moins présentes. La différence de salaire se fait alors dans l’état d’esprit du recruteur. Un état d’esprit qui pénalise les femmes en partant de l’idée que les contraintes familiales peseront d’avantage sur elles» détaille l’auteur d’Un quart en moins. Mais cette norme admise l’est aussi, souvent, dans l’esprit des candidates. A l’image de certaines d’entre-elles qui sont mal à l’aise avec l’idée de gagner davantage que leur mari: «Moi je n’aimerais pas. Je pense que ça peut mettre en péril une relation. En général les hommes sont fiers, ils n’aiment pas dépendre de leur femme. Dans les traditions, c’est l’homme qui subvient aux besoins du foyer, même si on partage» explique une future diplômée, dans une enquête de l’APEC sur les attitudes et les pratiques des étudiants à la sortie des écoles.

Pour Pascal Bernard, vice-président de l’Association nationale des DRH, «les discriminations sont dans le non-dit [...], les présupposés influencent les décisions finales et ce dès la première embauche». Pour s’en prémunir, le responsable de la commission «Egalité professionnelle et diversité» préconise «de sensibiliser les recruteurs» et de mettre en place de nouvelles pratiques de recrutement, plus objectives. «Quand on recrute un juriste par exemple, explique-t-il, on le met face à un dossier et on lui demande un note de synthèse. On juge le résultat, les compétences.» Car l’entretien classique est, à en croire les spécialistes, le lieu fondamental de ces petites discriminations.

Cinglante, l’APEC rappellait dans une récente étude sur les salaires des cadres en entreprise, que 36 % des salaires à l’embauche des hommes sont ainsi ajustés à la hausse contre 33 % chez les femmes. Les salaires des femmes débouchent donc moins souvent sur des réajustements à la hausse, et l’écart observé en la matière a augmenté de 2 points comparé à 2011. La raison? «Les femmes pensent moins a négocier» indique Rachel Silvera. Surtout, elles s’intéresseraient d’avantage «à l’environnement général du travail qu’a l’exigence salariale». Dominique Epiphane, sociologue chercheuse au Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ) et co-auteure d’une étude sur l’influence du sexe dans les comportements des recruteurs, confirme ce point de vue. «Les discussions que j’ai eu avec les DRH montrent que les hommes parlent beaucoup plus vite de salaires et ont des prétentions plus élevées.»

Dernièrement, la ministre des droits des femmes, Najat Valaud-Belkacem, a lancé [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] baptisée «Leadership pour elles» sensée «coacher» et fournir les outils nécessaires aux candidates. Des outils dont les diplômés semblent être différemment pourvus selon leur cursus. Dans une enquête datée de 2013, l’APEC soulignait l’aisance bien supérieure en entretien d’embauche des étudiants des écoles d’ingénieurs et de commerce, contrairement aux universitaires. Or l’université est aussi là où l’on retrouve le plus de femmes.

Des branches féminisées moins rémunératrices

Car avant d’être issu de ces discriminations tues, l’écart de salaire vient semble-t-il plus largement du critère objectif du choix des filières. «Dans les études, puis dans le monde du travail, les hommes sont sur des filières plus valorisées» constate Dominique Epiphane. «On sera mieux payé dans la finance que dans les ressources humaines» confirme Pascal Bernard. Une question de domaine, mais aussi de poste à en croire Dominique Epiphane: «Quand les hommes sont sur des emplois très connectés à leurs formations, les femmes sont sur des emplois plus périphériques» Une thèse partagée par le vice- président de l’ANDRH: «Si les observatoires constatent un niveau de salaire plus faible pour les jeunes femmes que pour les hommes, c’est que les fonctions prises par les femmes sont estimées moins cruciales pour l’entreprise».

Enfin, tous s’accordent à dire que si l’inégalité se crée dès le premier emploi, elle se creuse rapidement au cours des années suivantes, avec l’expérience. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère du Travail, l’écart de salaire est de 19,4% en moyenne.


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